Seul au monde

Aujourd’hui, je vous propose de parler d’un sujet dans l’air du temps. Nécessité pour les uns, réel mode de vie pour les autres, la collocation se développe en France depuis quelques années.

A l’origine, ce mode de logement était réservé aux marginaux, d’aucuns diront aux frivoles partouzards, aux immondes sectes communistes et aux branleurs baba-cool. Plus qu’une nécessité de se loger, la collocation reflétait une façon de pensée, un partage en commun (toit, nourriture, voire plus si affinités) et une expérience décalée face à la montée de l’individualisme et de la propriété. La collocation était un choix, voulu, réfléchi.

Depuis lors, avec la hausse inconsidérée des loyers et la fameuse baisse du pouvoir d’achat, la collocation devient pour certains l’unique moyen de se loger décemment, surtout dans les grandes villes. Très prisée des jeunes étudiants étrangers (comme les programmes Erasmus) qui peuvent ainsi découvrir la vie des autochtones, la collocation s’est propagée aux étudiants français puis aux jeunes travailleurs.

La collocation, si elle réserve des avantages certains tels que la possibilité de trouver un logement spacieux à moindre coût, de casser la solitude, de partager les frais (électricité, taxe d’habitation) et de découvrir de nouveaux horizons grâce à ses colocataires, peut aussi devenir un véritable enfer.

« L’enfer, c’est les autres » et c’est vrai. Tout va se jouer sur le choix des bons colocataires, surtout si vous ne connaissez pas la personne. Pour toi, Citoyen, je vais te décrire le profil des différentes personnes qu’il est susceptible de trouver dans une collocation, accroche-toi bien.

le jeune branleur : 20 ans à peine, vendeur chez Armand Thierry, il trouve que la collocation fait très « in ». Il sort tout juste de chez ses parents, ne connaît pas les mots « aspirateur » et éponge. Il fait la fête, constamment, rentre bourré tous les soirs, se nourrit exclusivement de pizza au chorizo et dépense des sommes astronomiques en discothèque. Il considère les autres colocataires comme des femmes de ménages.

le professeur de sport : 17 heures de cours par semaine, toutes les vacances scolaires, mais jamais le temps de faire le ménage. Il convie ses amis assez souvent et laisse la vaisselle sale pendant 3 jours dans l’évier. Évidemment, il regarde tous les matchs de foot, sort tout le temps en survêtement même le week-end et transforme le logement en lieu de stockage de matériel sportif (plot, ballon, dossard…). Il ne vit que pour le sport, et il te le fait bien savoir si tu ne connais pas le nom du 10ième joueur mondial de curling. Les autres colocataires sont pour lui de passage, le logement est quasiment tout le temps pour lui tout seul.

La coincée du cul, télé-opératrice : 25 ans, lit des Arlequins et ne supporte pas le bruit, même celui du four à micro ondes. Très stricte sur les règles, elle ne laisse rien passer, surtout pas un sourire. A éviter absolument les blagues en sa présence, surtout noires et de mauvais goûts. A éviter tout court d’ailleurs.

L’élève infirmière lesbienne : 20 ans, lesbienne, lesbienne, lesbienne. Dénigre les hétérosexuels, ne sort exclusivement que dans des bars homo, ne fait que des soirées homo, fréquente à 90% des homo. Si tu es hétérosexuel, tu es « has been ». Ne te parle que de films homo, écoute exclusivement de la musique homo ou qui enfonce les mecs (Yell par exemple). Elle a 20 ans, elle connaît tout de la vie car elle est homo. Mais tu t’en fous, elle est moche.

L’informaticien timide : 23 ans, sait pirater le Pentagone et tous les sites de cul, connaît le moindre centimètre carré de sa chambre. Il te colle car tu es son seul « ami », souhaite que tu lui présentes des filles, te montre sa collection de Newlook. Il parle parfois bizarrement et mange de la pseudo-nourriture. Sa chambre ressemble à l’ex-Yougoslavie, un bordel de tous les diables avec des « choses » méconnaissables qui jonchent le sol. Il finira par mourir dans sa chambre un jour ou l’autre… patience.

Le sale connard : 27 ans, responsable des finances, ignore les personnes surtout les jeunes. Ne partage rien en collocation, mais rien. Il fait les courses de son côté, utilise au strict minimum les lieux communs, fait tout pour éviter les autres (sortir tard du travail, sortir avec des amis, rester dans sa chambre) et ne parle pas de sa vie aux colocataires et bien entendu ne fait pas les soirées avec les autres colocataires.

La bonasse de l’île de la tentation : c’est un mythe, je ne suis jamais tombé dessus.

Quel style de colocataire seriez-vous ?

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2 réflexions sur “Seul au monde

  1. Un grand plaisir de relire Asphalte !

    La collocation n’est pas faite pour moi et de celles que j’ai vu de mes ami(e)s : ça finit toujours en guerres des tranchées.

    Dans la catégorie, il manque la pouffe qui squatte la salle de bain pendant 3 heures le soir et le matin, sur-maquillée et sur-parfumée. Passe sont temps sur son skyblog et sur son iPhone dernier cris.

  2. Y’a Bobonne aussi. La nana qui se prend pour ta mère, qui range à ta place, te donne des conseils (même et surtout quand t’as rien demandé), qui fait la bouffe, qui t’engueule quand t’as fait une connerie qui n’a même pas d’incidence sur sa vie à elle.
    Bobonne, c’est la nana qu’il faut mettre en colloc’ avec le jeune branleur.
    Lui pour qu’il se sorte les doigts et elle, pour qu’elle réalise qu’il serait temps qu’elle vive SA vie à ELLE.

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