Fille de joie et jambe en bois

Suite à la demande de Miloon, voici un article sur les prostituées unijambistes.

Souvent maltraitées, toujours exploitées, elles n’ont jamais de répit, jamais de repos. Elles doivent toujours marcher, encore et encore, par tous les temps, dans toutes les conditions. Elles marchent dans la merde parfois, mais c’est leur lot quotidien.

Pourtant, plus personne ne les remarque dans nos sociétés modernes, elles passent totalement inaperçues alors qu’il y a encore quelques décennies, elles suscitaient des regards de mépris, de la méfiance, du dégoût. Il faut avouer que les nouvelles technologies ont nettement amélioré les prothèses. Plus légères, plus discrètes, les nouvelles prothèses ont relégué la traditionnelle jambe de bois dans les musées. Aujourd’hui, fibre de carbone et designer ont supplanté épicéa et menuisier. Des athlètes unijambistes approchent les records des athlètes valides, ne pas avoir de jambe devient de moins en moins un handicapant.

Certaines personnes ne peuvent plus s’en passer, elles deviennent indispensables à leur survie, à leur équilibre mental. Des sommes astronomiques peuvent alors être dépensées, juste pour se sentir bien, pour se sentir comme tout le monde, pour ne plus être un paria aux yeux de la société. On s’appuie dessus, on se repose sur elles, elles vont au-delà de leur fonction principale, elles réconfortent, elles écoutent. La plus connue se nomme Marie-Madeleine, fille de joie, mais femme avant tout, elle a su charmer un ami de Jésus-Christ. Les siècles se sont écoulés mais la mécanique reste la même, charmer pour pouvoir manger.

Toutefois, les filles ont bien changé, de plus en plus jeunes, elles sont dorénavant roumaines, polonaises ou hongroises. Ces filles de l’Est viennent en France avec des rêves pleins la tête et se retrouvent dans un appartement miteux avec des bites plein le cul. A la moindre rébellion de leur part, leur « coach » se charge de leur rappeler la dure réalité de la vie, sans papier, sans métier, elles sont dépendantes des réseaux mafieux. Je n’évoquerais pas le cas de Svetlana, jeune femme polonaise, 18 ans, qui a tenté de se suicider pour échapper à sa misérable condition. Le métro a freiné, juste un peu trop tard, elle y a perdu une jambe.

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