Jean Louis Costes : indécent ou incompris ?

Proposé par Kaphee

Jean louis Costes est un artiste polymorphe au sens pur.

Non pas pur au sens vierge, propre et sans reproche mais pur au sens brut et archaïque. Car on oublie trop souvent que l’Artiste n’est pas seulement celui qui met de jolis mots, de jolis sons, de jolies formes ou de jolies couleurs pour exprimer les choses qui échappe au tout venant (pas que le quidam n’en soit pas irrémédiablement capable, il n’en prend souvent simplement pas le temps)… mais qu’il s’agit surtout d’une extrême sensibilité qui agit sur la perception de la réalité, mettant alors en relief certains éléments invisibles pour d’autres.

C’est ainsi que Jean Louis Costes nous parle crûment de l’amour, de la mort, de la vie, de la politique, du sexe et de l’un de ses thèmes de prédilection : des oxyures (vers intestinaux)…ce en musique, en images et en lignes regroupées dans des pages donnant des livres comme « Grand Père » (dans lequel il dresse un portrait assez violent de prime abord, et sûrement emprunt de beaucoup d’imagination et d’extrapolations, au sujet de ses grands parents avec comme fil rouge la vie tumul-tueuse de son grand père, combattant Cosaque, ta ma daga !)

Si on parvient à s’extraire du trip sperme-caca-sang très présent tout au long du récit…

Extrait : (P40)

« A l’ancienne, ils brûlaient bétail et maisons, hommes et démons, pêle-mêle. pas de pitié, pas de tri. sauf par-ci par-là une petite salope épargnée, nue debout tremblante spermée au milieu de la famille en feu. Une vierge vivante de temps en temps, juste pour le délire. Un petit délire ‘gentil’ dans un grand délire ‘méchant’, c’est sympa Il faut un peu de bien en contrepoint du mal, pour le mettre en valeur et pour que le massacre devienne pas ennuyeuse routine. bye-bye et bisou du bout des doigts du Cosaque pour la petite salope spermée. pas épargnée par pitié. Juste pour sa beauté, sexy nue en larme au milieu du charnier. le tableau fillette fraîchement déflorée parmi maisons champs et charnier en feu, ça vaut le coup d’oeil dans la fumée la poussière, quand on se retourne au galop »

…on peut néanmoins tomber sur des séquences autrement très poétiques…

(p 69) :

« l’enfer est un opéra où tout est vrai. Rien n’est joué, donc tout est parfait »

(personnellement de loin je préfère que l’on me mente mais de près c’est comme vous voulez)

doit-on alors rester consensuel si les idées qui nous traversent ne le sont pas ? doit-on censurer l’art sous prétexte qu’il nous fait mal aux yeux ? comment partager ses sensations si ce n’est en déstabilisant son interlocuteur ?

Autant de questions que je me suis posées en approchant les « œuvres » de Jean Louis Costes.

(précisons avant que ça ne soit fait en réplique que oui je parle bien du même, de Jean Louis Costes qui se film en train de déféquer et/ou en se masturbant – à se demander s’il ne s’agit pas d’une forme primaire de narcissisme – et de Jean Louis Costes condamné pour incitation à la haine raciale il y a une dizaine d’année)

Je n’irai pas jusqu’à approuver la totalité de ce que j’ai lu/vu/entendu.
Je ne le présenterai pas non plus à ma mère.
Mais.

Mais au moins à l’intérieur de ce mec là il y a quelqu’un qui se débat.

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