Ana Jones

Proposé par BLC

Rose Ana Simpson-Jones (1916-1995), dite Ana Jones, est une compositrice souvent méconnue du grand public.
Elle est pourtant à l’origine de nombreux morceaux de la révolution musicale qui survint à la fin des années 70.

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Née en Albanie, fille d’ambassadeur dont les soirées étaient toujours un succès grâce au bon gout du maitre de maison, elle s’intéresse dès son plus jeune âge (4 ans) au piano et au pipo auvergnat (appelé parfois « queue de salamandre »). Après 7 années d’études classiques, elle rejoint une formation rythm’n blues à Stockholm lors d’un séjour linguistique et y découvre Jonathan Morisset, jeune artiste contestataire avec lequel elle connaîtra une relation tumultueuse. Jonathan malgré son apport en matière de musique indépendante a surtout laissé l’image un peu caricatural d’un néo dandy arborant toujours une pipe et se parfumant à l’anis. Une plaisanterie de mauvais gout circulant dans le milieu sur ses deux pêchés mignons circulera sur la jeune Rose Ana, disant qu’ »Elle l’aime à l’anis, Morisset« .

Leur histoire tourne court lors d’un concert de harpe moldave à Prague en 1938 lorsque la jeune femme surprend son amant au lit avec un guitariste californien. Le choc est terrible pour elle et elle quitte immédiatement l’Europe pour le Texas où elle vivra 9 ans. L’incident marquera l’esprit du guitariste qui dans un élan de culpabilité écrira une célèbre chanson dédiée à la jeune femme et reprise avec le succès qu’on connait par des amateurs des blagues à Toto : Rose Ana.

Au cours de son séjour texan, Rose Ana Simpson-Jones décide de tronquer son prénom et son nom de leur première partie et se fait appeler désormais Ana Jones. Durant cette période, elle étudie la country, mais également le swamp boogie, popularisé par un révérend barbu à nom de singe qui la prend sous son aile. Disciple indirect d’Hendrix, il lui révèle maints secrets pour faire de n’importe quel solo de guitare électrique une improvisation chaque fois différente. Exercice dans lequel la jeune femme excelle rapidement, au point que le révérend en vienne à la considérer comme la dépositaire de son leg. C’est d’ailleurs à Ana Jones qu’il fait référence dans la chanson popularisé par son trio, avec ce refrain « she’s got a leg« .

Ana Jones quitte à regret le Texas pour retourner en Europe. Elle se fixe en Angleterre, à Birmingham où elle tombe amoureuse pour la seconde fois. Le garçon est hippie et sa générosité naturelle lui a valu le surnom de Jésus. Il apprend à la jeune femme l’harmonica, et surtout l’écriture de chansons, permettant à Ana Jones de franchir le pas et d’enfin se lancer dans la création de ses propres titres. Le mariage est un temps envisagé mais l’appel de l’Inde se fait de plus en plus présent pour le garçon qui pour la petite histoire finira gourou à Goa. La séparation est difficile et la première chanson de Ana Jones parle évidemment de ce départ qui la laissera une nouvelle fois meurtrie.

La new wave s’empare de l’Angleterre et sensibilise la jeune femme à l’apport de l’électronique comme source de son nouveau. Le synthétiseur notamment lui permet de concilier classicisme et modernisme et de renouer avec sa formation originelle de pianiste. Elle écrit de plus en plus de chansons mais ne se sent pas de les interpréter elle-même. Désireuse de ne pas encourager la surproduction d’alors en tubes commerciaux bon marché, elle choisit d’offrir ses textes et ses compositions en représentants de ce qui lui semble alors l’espoir dans le monde de la musique, le rock indépendant. Nombre de ses créations font depuis les beaux jours du genre, bien que rarement son nom soit cité, faisant d’elle l’artiste la plus anonyme dans le milieu.

En 1995 après avoir offert une ultime chanson à ses voisines de palier, étudiantes se destinant à devenir religieuses et qui grâce à Ana Jones ont pu briller mainte fois en concert ( on dit que leur nom de scène vient de leur orientation première ), Ana Jones nous quitte tragiquement. Lors d’une rave party à Goa où elle a retrouvé Jésus, elle se noit accidentellement lors d’un bain de minuit solitaire. C’est pour cela que cette ultime chanson sera présente sur la BO de l’adaptation cinématographique de l’oeuvre d’Alex Garland, la Plage.

Il ne faut jamais oublier de dire merci à ceux qui nous ont montré le chemin, surtout lorsque ceux-ci ont su rester discrets par modestie. Il est indiscutable qu’elle a fait énormément pour le mouvement Indy, Ana Jones. Qu’elle en soit remerciée !

Le Big Lion Cool vous remercie de votre attention.

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