Mais pourquoi est-il si méchant ?

Le self-control, le contrôle de soi-même pour les anglophobes, c’est le truc qui t’empêche d’emplâtrer un connard qui le mérite. Normalement, ça s’apprend, mais pour certains, c’est inné, ils n’ont jamais eu de couilles.

Moi non-plus je n’ai pas acquis mon self-control, je l’avais à la naissance. J’ai pourtant essayé de me soigner sur mon grand frère, j’ai vite appris que les coups revenaient plus fort. Après quelques tentatives encourageantes au collège, j’ai compris que les supports sur lesquels je passais plus aisément mes nerfs étaient toujours matériels : un meuble, un appareil électronique, une vitre, des cailloux. Mais frapper un humain n’était pas fait pour moi.

Si je tape donc sur mon clavier, c’est pour vous parler de la dure condition du « gentil ». Je sais pas s’il y en a parmi vous, mais je peux vous dire qu’ils en chient. D’ailleurs, passé la vingtaine, le gentil traverse une période de remise en question, où il n’a de cesse de se répéter qu’il devrait être plus méchant. Le principal point de départ de cette période, c’est les premiers boulots, et la découverte de la vraie valeur d’un « collègue ».

Collègue : n. personne ayant une fonction similaire
à la sienne et exerçant dans le même lieu.

Synonymes : collaborateur, cafteur, saboteur, PQR.

Exemple : Beef, Gros et Musclé travaillent en trois huit.
Beef est nouveau et gentil, il fait de son mieux pour
rester dans la boite. Gros et Musclé sont des flemmards.
Beef range tout comme il faut. Gros (ou Musclé, mais
surtout Gros) dérange tout. Musclé va voir Beef, et lui
dit « fais attention quand tu ranges! ». Beef hausse le ton,
mais pas trop, car Musclé est… musclé.

Dans un cas pareil, le gentil met d’abord vingt minutes pour élaborer une réponse qui claque, mais qu’il ne déclamera jamais, car ce n’est plus le bon moment. Puis il s’imagine en train de tuer son collègue, ce qui le fait bander cinq minutes. Ah ! l’univers merveilleux des fantasmes…

Le gentil, ayant du mal à exprimer sa rage physiquement (autrement que par des poussées d’eczéma et autres éruptions cutanées) concentre toute son activité de révolte dans la tête, mais garde espoir en se disant qu’un jour, face à un malchanceux qui aurait osé lui chatouiller les roubignoles, il passera en mode super-guerrier et le réduira en une bouillie si fine qu’un nourrisson pourrait la boire comme du lait. Par contre, le gentil aime bien torturer les animaux, des fourmis pour les uns jusqu’à de grosses bêtes à poils pour les autres. Voila un bon moyen de reporter sa violence sur un plus faible que soi.

Gentil par-ci, gentil par-là. Il est vrai que le terme habituel serait plutôt « timide ». Maaaais… voila quoi, un timide ça n’assume pas l’usage de ce mot.

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