Les bêtises de Sabine Paturel

Ma mère avait un tourne-disque rangé dans le meuble de la télé. On n’avait pas le droit d’y toucher. C’était fragile et on était toujours capable de faire des conneries. Quand j’étais petite, à un âge trop ancien pour que je m’en rappelle, j’ai bousillé un disque vinyle de ma mère. Un de ses préférés. En reversant du sirop de menthe dessus. C’est ce qu’elle m’a raconté un jour.

Il y a des vinyles qu’on a encore dans le meuble de la télé. Le tourne-disque, je ne saurai dire s’il s’y trouve encore mais les disques de Beatles, ils ont survécu à mes conneries et à celles de mon frère. Il y en a beaucoup d’autres avec eux. L’album rouge avec les Beatles rouge par exemple, j’en suis certaine, il a survécu.

Il y en a un qui a résisté à l’épreuve temporelle et humaine. Le disque de Sabine Paturel.
A l’âge où j’ai su lire, je pensais que les bêtises de Sabine s’apparentaient à celles que j’avais commises sur le disque préféré de ma mère. Une bêtise qui n’est pas grave. Une bêtise d’enfant.
A l’âge où j’ai su gribouiller, sûrement avant celui que je sache lire d’ailleurs, je lui ai refait le portrait à la mère Paturel. Le vinyle est toujours rangé près des Beatles mais Sabine Paturel n’a plus la même tronche que sur l’image originale. Je lui ai barbouillé la figure parce que sa tronche ne me revenait pas. Avec sa perruque, son sourire de sadique et son regard niais. Sabine Paturel, avec son nom tout pourri, elle n’a jamais été ma copine.

Je déteste sa tronche encore maintenant.

Récemment, par curiosité, j’ai voulu entendre à nouveau cette chanson. Allait-elle me raconter à nouveau que c’est pas bien de finir les gâteaux, de se salir les vêtements, de ne pas dire merci ? A ma grande surprise, non.
Cette connasse, tout sourire, toute fière d’elle, raconte à son ex qu’elle a bousillé tout son appart’, qu’elle a mis le feu, qu’elle a renversé les poubelles et qu’elle lui a vidé son compte en banque. Bon, je me dis, la dame, elle doit quand même avoir une bonne raison de faire ça. Même si elle a une coupe de cheveux douteuse, c’était les années 80, elle ne peut pas être complètement crétine à ce point-là !
ET SI !
Madame se fait plaquer donc elle estime que c’est une raison pour tout foutre en l’air chez le mec qui peut plus voir en peinture sa tronche de caniche. Mais le brave homme, pour supporter ces goûts vestimentaires (qué sexy le pull à motif bling bling qui descend jusqu’aux genoux…), il lui en fallait du courage !

Deux ans que j’avais ou trois, mais pas plus, et déjà, je le sentais que c’était une sacrée pétasse celle-là !

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