Je travaille chez Cliché!

[Encore un caca sur le monde du travail. Plutôt que de vous bassiner encore avec les joies toutes personnelles de comment le travail c’est caca, Cliché! racontera les rigoleries entre nanas dans un bureau où personne ne sait dans quoi on travaille.]

Salut ! Moi c’est Amelia. Depuis quelques temps, je travaille dans une boîte de comm’ qui s’appelle Cliché! Enfin c’est Boss Ravioli qui dit que c’est une boîte de comm’. Personnellement, je sais pas trop ce que c’est comme boîte, même si ça fait deux ans que je bosse là.

Alors oui, je vous parlais de Boss Ravioli. Mr Ravioli, c’est le boss. C’est pour ça que je l’appelle comme ça. Il occupe aussi les fonctions de commercial. C’est lui qui réussit à vendre les trucs qu’on fait toute la journée à des clients hyper prestiges. Pour vous dire, une fois, on a eu des déodorants et des chocolats de chez « chut chut pas de marque » en cadeau pour Noël. Autant j’étais contente pour les chocolats, autant je sais pas si y’avait pas un message caché derrière les déodorants…

Boss Ravioli, quand il a pris la direction de la boîte, il a engagé sa femme pour faire le bras droit. C’est Mme Stoemp. Pour tout vous dire, au début, j’avais même pas capté qu’ils étaient ensemble. C’est quand j’ai vu leur gamin faire des coloriages et les appeler papa et maman que ça a fait tilt. En même temps, ils sont pas du genre à se rouler des pelles ou à se tripoter le cul. En plus, ils ont pas du tout les mêmes horaires et même, le matin, ils n’arrivent pas ensemble au bureau.

J’ai plusieurs collègues. Il y a Marco, Sophie et Sidonie. Marco travaille depuis presque aussi longtemps que moi chez Cliché! Depuis quelques temps, en plus de faire le job de base, il fait un peu de prospection et rencontre les clients. Il est sympa même si on ne se parle pas beaucoup. Faut dire qu’on a chacun son bureau donc c’est pas évident de trouver toujours des prétextes pour faire un brin de causette. C’est le mec sportif, qui aime la bonne bouffe et qui a le même âge que moi. Tout doucement, on avance vers nos trente ans malgré nos gueules de jeunes majeurs. Mais bientôt, les nouvelles recrues allaient nous faire réaliser qu’on n’était plus des oisillons…

Et justement, en parlant de recrues, il faut que je vous raconte un peu ce que ça donne au bureau depuis qu’on en a deux de plus. Les recrues en question ont 20 ans toutes les deux. La première à intégrer la team s’appelle Sophie. Elle parle bien le français donc on peut facilement raconter des conneries. C’est avec l’arrivée de la seconde, Sidonie, que je me suis rappelé que les blagues passent moins bien avec des gens qui ne sont pas francophones.

Ah oui, et j’allais oublier ! Comme dans toute série qui dépasse les 5 épisodes, il y a parfois un guest. Le guest, c’est Fils De. Je l’appelle comme ça parce que c’est le fils du PDG de la boîte. Il est étudiant et il vient au bureau de temps en temps pour gagner assez d’argent de poche pour se payer des vacances au ski ou tout ce que PDG ne lui finance pas. Fils De veut devenir Trader. Il ne veut surtout pas reprendre les agences que son père possède, ça ne l’intéresse pas. D’ailleurs, quand il vient au bureau, on se demande tous ce qu’il fait. Je crois que même Boss Ravioli ne le sait pas. Mais comme il l’a dit une fois « s’il vient, c’est que je suis obligé, y’a papa derrière ».
Aaah ! Les pistons ! Ca me fait penser à l’époque où je cherchais du travail alors que j’étais étudiante et qu’une nana d’un service de recrutement m’avait informé qu’à moins que je sois fille d’un membre du personnel, je pouvais me mettre mon CV bien profond.

Je ne suis pas haineuse envers Fils De. D’ailleurs, ça ne servirait à rien. Savoir qu’il mange comme un porc, qu’il ne sait pas remettre de l’eau dans une machine Senseo et qu’il est vraisemblablement incapable d’éteindre une lampe, c’est déjà un bonheur de chaque instant.

Sophie, c’est la plus jeune de l’équipe. Elle vit encore chez ses parents et a un copain. Quand elle parle de lui, elle dit « mon futur mari », pas « mon copain ». Elle nous expliquait qu’elle n’avait pas eu beaucoup de chance de tomber amoureuse de lui parce qu’il est assez porté sur les vieilles traditions de son pays d’origine. Pour exemple, elle nous racontait qu’elle était casée, qu’elle ne pouvait pas reculer parce qu’elle allait se fiancer dans quelques mois. Ce sont des choses avec lesquelles je ne suis pas très coutumière mais il me semblait que même mariée, il restait le divorce pour tourner la page. Qu’en conséquence, ni mariée, ni même encore fiancée, il lui restait tout le loisir de changer d’avis. Mais son « futur mari » vient d’une famille et d’une culture qui ne reconnaît pas le divorce. Et d’après ses dires, il ne reconnaîtrait même pas le refus de se fiancer. Pour une jeune femme qui évoque, des étoiles dans les yeux, qu’elle aimerait enfin être loin de sa famille pour vivre libre, c’est tout de même étonnant.

Sidonie aussi vient d’une famille très stricte qui respecte les cultures et traditions des pays d’où elle vient. Son objectif premier est de devenir directrice artistique dans une boîte de publicité, si ce n’est de posséder la sienne. Elle veut être indépendante et profite déjà pleinement de son temps libre comme ça lui chante depuis qu’elle a quitté le domicile parental.

Et bien sûr, il faudrait que je vous parle de Mme Stoemp. Elle a un statut bien particulier dans la boîte. Le télétravail (travail à la maison) a été refusé aux employés, sauf à Mme Stoemp. Celle-ci est donc de moins en moins présente sur le lieu de travail. Bien sûr, on se doute bien que ceci n’est pas étranger au fait qu’elle soit une « femme de ». Tout comme le fait de partir en vacances plus deux mois par an. Ou de distribuer ses tâches aux autres. Néanmoins, si personne ne semble lui en tenir rigueur, c’est que Mme Stoemp est une comique. Très ouverte d’esprit sur certains sujets, il n’est pas rare de parler de politique sans en venir aux mains, de caca sans avoir l’impression d’avoir régresser vers l’âge de la maternelle,ou d’art sans imiter les bobos péteux qui savent tout.

Pourtant, avec l’égalité homme/femme, les choses se gâtent. Aussi, il me tarde d’être témoin d’une discussion entre Sophie et Mme Stoemp. Car si Sophie accepte son sort avec toute la fatalité du monde malgré son statut de citoyenne d’un pays où la femme est aussi libre qu’un homme, il n’en reste pas moins que Mme Stoemp, porte-parole de la cause féministe dans la division « écrasons les hommes et prenons le pouvoir », profite tout de même largement de son statut de femme mariée au patron pour s’offrir des libertés qu’elle refuse aux autres femmes du bureau.

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