Les « qui baisent » et les « qui baisent pas »

En effet, il y a deux sortes de personnes.

Les personnes qui baisent et les personnes qui baisent pas.

Les premiers sont des gens normaux, équilibrés pour la plupart, épanouis ou non, et les autres.

Ceux et celles qui n’ont pas accès au plaisir de la chair. Ceux pour qui ça fait pas longtemps (de quelques mois à quelques années) et ceux pour qui ça fait toute la vie. Le point commun qui les unit est une certaine aigreur, mais surtout une peur viscérale (consciente ou non) de (re)nouer avec l’acte sexuel, soit plus précisément la zigounette dans le pilou pilou, ou bien, pour les difficiles de la verge qui font des manières, l’entretien du gazon. Pour ces derniers, je tiens à mettre en exergue le fait que c’est de la discrimination pure et dure, et pour une fois, je ne dirai pas « comme ma bite », pour illustrer ce propos.

Si le « qui baise » baise, notons d’abord que ce n’est pas forcément régulier ni même envahissant sur le planning. Un « qui baise » n’est pas forcément quelqu’un qui fait grincer un plumard tous les jours plusieurs fois par jour, que le partenaire soit toujours le même ou non. Un « qui baise » peut tout à fait s’envoyer en l’air toutes les deux semaines, en fonction des joies de son emploi du temps : le week end sur deux, les activités de loisir, voire même l’arrivée du salaire peuvent influer sur la fréquence du coït et justifier ici le fait qu’on s’envoie en l’air aussi fréquemment que Télérama sort un numéro.

Ne nous méprenons pas : le « qui baise » peut tout à fait ne pas être satisfait de sa ou ses relation(s) sexuelle(s). Il peut se sentir lésé quant à la qualité des coïts, le bruit de son/sa partenaire, la literie, les positions pratiquées, la pratique ou non du sexe oral, impliquant la pratique du sexe oral avec ou sans capote (goût chimique), impliquant en cascade l’ingurgitation ou non des différents fluides corporels et/ou sexuels… La liste est longue. Libre à cet énergumène de choisir si il veut se contenter ou non de ce qu’il a entre les mains (ou les cuisses, ne soyons pas sectaires), ou bien changer de partenaire, avant ou après rupture, si il s’agit d’une relation sérieuse. J’en profite pour inviter ceux et celles qui vont brouter ailleurs que dans le pré où ils résident de mettre un terme à leur relation au préalable, afin de ne pas se faire taxer d’infidèle. Car même si ceci a pu se produire peu de fois, l’étiquette est très difficile à s’en débarrasser, même en passant sa réputation à la machine à laver.

Le « qui baise pas », quelle que soit sa sexualité, quel que soit son sexe, a de base, des traits de ressemblance, avec ses semblables atrophiés de l’entrejambe (tout organe non entretenu s’atrophie). La femme aura souvent une coupe de cheveux non conventionnelle, des vêtements ne la mettant pas en valeur, comme les ballerines, le leggings gris ou noir, surmonté de la jupe (couleur variable dégueu), du gilet par dessus le col roulé. Enfin, ça, c’est la version de base proche de la trentaine. Le modèle présent partout dans notre chère ville rose, avoisinant les 20-25 ans, met souvent des fringues de hippie, type sarouel, sac tissu bandoulière longue, plein de couleurs, un débardeur, mais rien de bien joli pour se mettre en valeur. La version plus riche mettra un faux perfecto en haut, et un slim lui grossissant son cul ou le rapetissant (en fonction de la corpulence), arrivant à un résultat bof bof.

La version masculine est plus difficile à trouver, du moins à distinguer. Disons qu’il ne se met pas spécialement en valeur. Cheveux pas bien coupés, lunettes immondes (arrêtez les ray ban à grosses montures, ça donne pas envie), jean’s fadasse…Ou alors, pire, il se met en valeur, et ressemble à DJ Lubel, ou à un bureaucrate fade, chemise et pantalon, houppette sur le devant du crâne, lui-même tartiné à outrance de gel.

Le problème du « qui baise pas » est simple. Il ne baise pas !

En revanche, le gros problème est : ils se mettent des bâtons dans les roues eux-mêmes. A n’avoir jamais baisé, ou alors si ça remonte un peu trop, ils perdent espoir, et se sentent moches. A se sentir moches, ils ne se mettent pas en valeur, perdent confiance en eux, et sont incrédules à un point qui les met dans la merde. Nombreux sont ceux et celles qui ne perçoivent pas que la jolie personne qui fait de l’oeil depuis le début de la soirée à l’autre bout de la pièce a méchamment envie d’eux. Mais non. Les « qui baisent pas » ont peur et se persuadent que c’est pas possible. Il n’est pas concevable pour eux de plaire à quelqu’un. Alors si on leur fait du gringue, si on est poli avec eux, respectueux, mais très clair dans le discours, ils vous riront à la figure, de gêne, ou persuadés que c’est de l’humour de votre part. S’ensuit un cheminement logique qui vient se rajouter à la liste déjà longue des problèmes de ces gens là : Les intéressés par les « qui baisent pas », voyant leurs efforts vains, et de plus en plus conscients du mal être du « qui baisent pas », sentent que s’engager sexuellement avec eux est un risque d’avalanche d’emmerdes amoureuses et relationnelles. Souvent donc, ils mettent les voiles, laissant le « qui baise pas » dans le même état : il n’a pas baisé, et il ne baisera pas de sitôt. Et se dirigent potentiellement vers ceux « qui baisent », eux.

Ce qui est encore plus bête, c’est que le « qui baise pas » ne s’est pas rendu compte qu’il était l’objet de ses convoitises. Ah oui, parce que les « qui baisent pas » ont une chance de cocu, si je puis dire. Ils ont un nombre fou d’intéressés à leurs trousses. Mais comme ils baisent pas -> se sentent moches -> pas confiance -> inspirent pas confiance -> ils restent dans leur petit cercle vicieux.  Seulement, on a beau dire, mais quelqu’un qui baise, est quand même beaucoup plus détendu que quelqu’un qui baise pas. Il va moins facilement prendre la mouche pour des broutilles, faire des caprices, se comporter comme un gosse au milieu de ses amis… Si on dit de quelqu’un d’insupportable qu’il est « mal baisé », je pense qu’il y a matière à réfléchir, après tout.

Je finirai sur une citation : « Tout passe par le sexe, parce que c’est la chose animale qui nous rattache les uns aux autres.  » Monica Bellucci.

Let’s bang !

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