Et si on remettait un peu les pendules à l’heure ?

Bon voilà, vous m’avez eu.

Après une bonne année de matraquage publicitaire, que je dois à un peu tout le monde autour de moi, sur Facebook, surtout, j’en suis venu à passer par plusieurs stades.

– L’émerveillement : Enfin, les mentalités s’ouvrent ! Les gens se mettent à militer, pour une égalité des sexes qui n’était pas encore trop appliquée.

– La découverte : oh, les Femen, oh le mariage gay ! C’est bien, ça bouge (même si y’a des sujets plus graves, mais c’est cool, quand même !)

– La surprise : what ? les Hommen, maintenant ? les Femen qui font des actions violentes et hors de propos dans les lieux de culte ? (je suis pas croyant, je suis contre la religion, mais quand même ? emmerder des gens sur leur lieu de culte, ça pue)? Mais c’est qui encore cette Mar_Lard qui parle d’un sujet qu’elle ne connaît pas, en faisant des raccourcis dignes d’un militant FN ?

– La redondance : encore une action des Femen… encore une action des Hommen… encore Civitas… encore la manif pour tous (pourquoi ce nom, d’ailleurs?)… encore des articles de Madmoizelle ou de Mar_Lard… encore des témoignages… encore des trucs partagés par mes contacts sur Facebook…

– L’agacement : oui bon, ça suffit, maintenant. On évolue dans des sphères où nous n’avons pas besoin de nous convaincre entre nous que le viol c’est mal. Personne dans mes amis et connaissances n’est assez con pour cautionner ça !

– Le malaise : et non pas parce que ce monde me révulse, non. Mais parce que je devrais me sentir mal d’être un homme, et encore plus un omnivore (pourquoi féminisme et veganisme se complètent-ils ?)

– Le pétage de plomb : allez, maintenant, on trolle ceux et celles qui ne traitent que de ça, et qui pourrissent mon feed avec des sujets redondants. Oui, si tu veux, dis-toi que je suis un connard, ça te convaincra que t’as tellement raison.

— FIN DE LA RETRANSMISSION —

 

Donc voilà où nous en sommes. Dans un monde divisé selon les « féministes » entre elles et le vilain méchant monde machiste phallocrate patriarcal entretenu par les plus grands. Où des gens comme moi qui sont pour l’égalité au sens 1=1 et pas 1>1 (où 1 représente un homme ou une femme… ou un transgenre, puisque maintenant faut vous faire plaisir) n’ont pas le droit à la parole parce que nous n’avalons pas les paroles des phares du féminisme aussi goulûment que les « vraies féministes ».

Mais qu’en est-il du  féminisme, de ce que j’en vois, de ce que j’en sais ? De ce qu’on en voit autour de nous ? La réponse est difficile. Parce que c’est dur à notre époque de faire un constat correct, concis, mais surtout exhaustif des différents courants et idées.

Mais regardons en arrière.

Regardons ce que le MLF a été capable de faire : dépénalisation de l’avortement, un combat qui a pu se poser pour souffler en 79 (soit un peu plus de 30 ans qu’on y a droit), une avancée aussi sur les droits des femmes dans un monde d’hommes comme des réformes sur l’égalité professionnelle et parentale, des lois sur la parité (un peu abusées, si on veut mon avis, mais bon, mieux vaut ça que rien).

Les droits des femmes ont sensiblement évolué avec le temps. Le vote, l’IVG, les salaires, l’indépendance professionnelle… Sans déconner, en 60 ans, on a fait des putains de progrès ! Regardez !

(oui bon, c’est pas encore le cas, hein)

Mais qu’est-ce qu’on retient du MLF parmi les plus médiatisées de ses participantes ? Peu de noms, mais des images. Des images clichés de ces camionneuses, qui brûlent leur soutien gorge, lesbiennes jusqu’au bout de la hache de bûcheron. C’est ça l’image de la libération de la femme ? Cette espèce d’emmerdeuse agressive, moche, et du coup, sujette à tellement de phrases du genre « mal baisée », « en même temps, avec une tronche comme la tienne, tu cherches à te venger ». etc. etc.

Et pourtant c’est pas cette emmerdeuse qui a fait beaucoup de choses. Vous avez vu Simone Veil violente, montrer sa foufoune, debout sur une camionnette ? Non, et c’est pour ça qu’elle a eu de l’impact : parce qu’elle a joué le jeu des hommes. Il faut être au gouvernement ou dans les hautes sphères ? Porter des fringues classes ? Ok messieurs ça va chier !

Badass Veil !

Et c’est exactement ce que je reproche à Maia Mazaurette, à Mar_Lard (ah, bondieu, son accent de parisienne hipster, c’est pire que de la lire), et aux Femen, et aux « féministes ». D’être juste aussi agressives que certaines de leurs icônes démodées. De même que de torturer quelqu’un lui fera dire n’importe quoi, agresser ses congénères (homme ou femme) sur un sujet aussi tendu que l’égalité risquera de faire fuir, ou lever les yeux au ciel.

Pourquoi ? Mais enfin regardez ! Quand je fais chier une personne qui joue à la console, en lui disant que les PC c’est mieux, si en plus je suis agressif dans mes propos, la personne va dire « ok » pour me faire plaisir ou bien juste m’ignorer. Et ne venez pas m’emmerder en me disant que « pour les sexismes, c’est pas aussi simple que sur les ordinateurs et les consoles ». Bien sûr que ce n’est pas aussi simple ! Mais ce n’est pas pour autant qu’il faut hurler à la gueule des gens qui nous entourent qu’on est anti-sexismes, et de ne focaliser que sur ce sujet, quand la santé, l’écologie, l’économie (des sujets importants pour le MLF, d’ailleurs) ne doivent pas être mis de côté au profit d’un sujet certes important, mais pas le seul au monde.

Imaginez si on venait vous mettre dans la gueule tous les jours des articles sur la sclérose latérale amyotrophique, un sujet grave, de manière violente, et sans interruption… vous feriez une overdose, non ?

[ ICE BUCKET CHALLENGE !

SI TU PARTAGES PAS, T’ES UN ENCULE DE FILS DE PUTE !

CONNARD, REGARDE COMME C’EST LE SEUL SUJET IMPORTANT !]

Gandhi est connu pour quoi ? Pour avoir manifesté toujours pacifiquement, afin d’obtenir l’indépendance de l’Inde. Un exploit. Mais ce type est respecté pour ça. Parce que c’est un principe de non-violence qui a fait qu’on l’a écouté, pas parce qu’il a investi la Bastille en massacrant tout le monde.

De même je ne comprends pas qu’est-ce qui se passe chez certains mecs, maintenant, plus royalistes que le Roy, à poster dix fois plus que n’importe quelle « féministe » sur les réseaux sociaux, et à faire la morale aux autres hommes ? C’est quoi le but ? D’être avantagés le jour où les femmes prendront le contrôle ? Comme une éminence grise qui travaille depuis le début pour elles ? Comme un maquisard du sexisme ? Ou alors plus clairement pour essayer de niquer ? Comme cette excellent blague en anglais :

[

1) As a man, follow Gender Studies.

2) On the first day, raise your hand and say : « Well, enough of History! I’m here to listen to HERstory. »

3) Collect panties

]

Donc oui, je pense que c’est de l’attention-whorisme que de faire ça.

Et au milieu, ceux qui pensent comme moi doivent ABSOLUMENT fermer leur gueule. Parce que, voilà, ta gueule, tu connais pas le sujet !

Je dois m’excuser d’être un homme, d’être hétéro, de manger de la viande, et en plus de le dire ! Mais c’est dégueulasse ! Quelle raclure !

D’ailleurs on dit cis-hétéro, parce qu’il faut perdre l’ennemi dans le jargon, comme le font les médecins, les politiques, les économistes, les notaires…

Mais c’est pas grave, de toutes façons, si le but, c’est de s’envoyer en l’air, parce qu’on affirme les mêmes idées que les « féministes », je n’ai pas grand chose à dire. Et je serais ravi de voir ces messieurs m’expliquer pourquoi ils le font réellement, quelle est leur démarche. Parce que, clairement, on n’en voit pas, là. Juste une avalanche de statuts et d’articles destinés à se pincer les tétons en se disant à quel point on est bons, dans la complaisance d’être quelqu’un de bien.

Et pourquoi ces comportements aussi violents ?

Pourquoi ces femmes, ces « féministes » qui refusent que vous leur teniez la porte, parce que la galanterie, c’est du sexisme ? Qui refusent de vous faire une bise, pas parce qu’elles ne vous connaissent pas, mais parce qu’elles sont féministes (véridique) ?

Désolé de jouer la carte de la violence, mais moi aussi je réponds : « ah t’es « féministe » ? Eh bah moi je t’emmerde ! Parce que je suis égalitariste. »

Alors oui, ça fait pédant, mais en même temps, ne suis-je pas à suivre les sentiers du MLF, moi-même ? Parce que le but du jeu n’était pas de faire des femmes qui écrasent les hommes, pour renverser les pouvoirs. Le but était d’arriver à une égalité. Une égalité qui fait chier, d’ailleurs. Mais l’égalité, comme me disait une féministe (une vraie, d’où l’absence de guillemets), c’est donner aux femmes le droit d’en chier autant qu’un mec. Boulot, santé, responsabilités, statuts… Tout le monde a le droit d’en chier autant. Sur le sujet du mariage gay, Michel Galabru a été formidable, dans le même genre : « Bien sûr que je suis d’accord ! Les hétéros ne devraient pas être les seuls à avoir le droit de souffrir. »

(Voici selon moi l’une des meilleures définitions, notez les mains qui se mélangent les couleurs)

(un autre point de vue que j’apprécie)

 

Alors oui, je trouve toujours ça dégueulasse de voir qu’en 2014, une femme est harcelée par des hordes de mâles en rut quand elle marche dans la rue, qu’il existe des entorses de loi pouvant justifier un viol (ce qui me fait gerber, d’ailleurs). Mais même si on devrait pouvoir vivre dans une utopie où rien de méchant ne se produit, il faut faire attention. Un mec dans la rue n’est pas autant sujet aux mêmes agressions, et même moins souvent, mais c’est oublier que ça peut arriver. Même si plein de messieurs autour de moi ne sont jamais emmerdés d’après leurs propos. De même que les hommes sont abasourdis quand ils apprennent qu’il y a des viols dans leur quartier, bizarrement, quand je parle d’agressions man-to-man, on me dit « meuh non, ça existe pas, ça m’est jamais arrivé… ».

C’est pas parce qu’on n’a rien subi qu’on a le droit de dire que c’est des conneries, et qu’on vit pas dans le même monde. Parce que si je suis ce mode de pensée, les camps n’ont pas existé (Godwin !), le cancer et le sida non plus, parce que je n’y ai jamais été confronté.

 

Il y a peu, les tags #NotAllMen et le #NotAllGamers sont apparus, parce que des gens comme moi ne se reconnaissent pas dans les généralisations du type « tous les mecs sont des violeurs en puissance » ou « les geeks c’est tous des sexistes ». Merci Mar_Lard de me faire passer pour ce random dude qui essaie de violer une joueuse à travers mon câble Ethernet dès qu’elle rejoint le serveur.

« Vazy, tu suces pour de l’XP ? »

Et dès qu’on se sert de l’argument « je suis pas comme eux #NotAllMen », on se prend les foudres ou les réponses goguenardes des « féministes ». En gros, simple, propre, et raffiné : TA GUEULE ESPECE DE CONNARD DE MEC ! TU N’AS PAS LE DROIT DE PARLER DE CE QUE TU NE CONNAIS PAS !

Et vous là, au fond, ne me dites pas le contraire, vous savez très bien que ça arrive, et souvent.

 

De toutes façons, je ne détiens pas la vérité, parce que tous mes arguments sont faciles à déjouer. Déjà, parce que je suis un mec, et que je ne connais pas la vraie douleur. Parce que je ne pourrai enfanter. Pour résumer ma démarche, voilà :

 

Et pour conclure, voici une formidable vidéo sur un aspect du sexisme qu’on doit taire, parce que c’est pas pareil, hé :

 

 

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Les « qui baisent » et les « qui baisent pas »

En effet, il y a deux sortes de personnes.

Les personnes qui baisent et les personnes qui baisent pas.

Les premiers sont des gens normaux, équilibrés pour la plupart, épanouis ou non, et les autres.

Ceux et celles qui n’ont pas accès au plaisir de la chair. Ceux pour qui ça fait pas longtemps (de quelques mois à quelques années) et ceux pour qui ça fait toute la vie. Le point commun qui les unit est une certaine aigreur, mais surtout une peur viscérale (consciente ou non) de (re)nouer avec l’acte sexuel, soit plus précisément la zigounette dans le pilou pilou, ou bien, pour les difficiles de la verge qui font des manières, l’entretien du gazon. Pour ces derniers, je tiens à mettre en exergue le fait que c’est de la discrimination pure et dure, et pour une fois, je ne dirai pas « comme ma bite », pour illustrer ce propos.

Si le « qui baise » baise, notons d’abord que ce n’est pas forcément régulier ni même envahissant sur le planning. Un « qui baise » n’est pas forcément quelqu’un qui fait grincer un plumard tous les jours plusieurs fois par jour, que le partenaire soit toujours le même ou non. Un « qui baise » peut tout à fait s’envoyer en l’air toutes les deux semaines, en fonction des joies de son emploi du temps : le week end sur deux, les activités de loisir, voire même l’arrivée du salaire peuvent influer sur la fréquence du coït et justifier ici le fait qu’on s’envoie en l’air aussi fréquemment que Télérama sort un numéro.

Ne nous méprenons pas : le « qui baise » peut tout à fait ne pas être satisfait de sa ou ses relation(s) sexuelle(s). Il peut se sentir lésé quant à la qualité des coïts, le bruit de son/sa partenaire, la literie, les positions pratiquées, la pratique ou non du sexe oral, impliquant la pratique du sexe oral avec ou sans capote (goût chimique), impliquant en cascade l’ingurgitation ou non des différents fluides corporels et/ou sexuels… La liste est longue. Libre à cet énergumène de choisir si il veut se contenter ou non de ce qu’il a entre les mains (ou les cuisses, ne soyons pas sectaires), ou bien changer de partenaire, avant ou après rupture, si il s’agit d’une relation sérieuse. J’en profite pour inviter ceux et celles qui vont brouter ailleurs que dans le pré où ils résident de mettre un terme à leur relation au préalable, afin de ne pas se faire taxer d’infidèle. Car même si ceci a pu se produire peu de fois, l’étiquette est très difficile à s’en débarrasser, même en passant sa réputation à la machine à laver.

Le « qui baise pas », quelle que soit sa sexualité, quel que soit son sexe, a de base, des traits de ressemblance, avec ses semblables atrophiés de l’entrejambe (tout organe non entretenu s’atrophie). La femme aura souvent une coupe de cheveux non conventionnelle, des vêtements ne la mettant pas en valeur, comme les ballerines, le leggings gris ou noir, surmonté de la jupe (couleur variable dégueu), du gilet par dessus le col roulé. Enfin, ça, c’est la version de base proche de la trentaine. Le modèle présent partout dans notre chère ville rose, avoisinant les 20-25 ans, met souvent des fringues de hippie, type sarouel, sac tissu bandoulière longue, plein de couleurs, un débardeur, mais rien de bien joli pour se mettre en valeur. La version plus riche mettra un faux perfecto en haut, et un slim lui grossissant son cul ou le rapetissant (en fonction de la corpulence), arrivant à un résultat bof bof.

La version masculine est plus difficile à trouver, du moins à distinguer. Disons qu’il ne se met pas spécialement en valeur. Cheveux pas bien coupés, lunettes immondes (arrêtez les ray ban à grosses montures, ça donne pas envie), jean’s fadasse…Ou alors, pire, il se met en valeur, et ressemble à DJ Lubel, ou à un bureaucrate fade, chemise et pantalon, houppette sur le devant du crâne, lui-même tartiné à outrance de gel.

Le problème du « qui baise pas » est simple. Il ne baise pas !

En revanche, le gros problème est : ils se mettent des bâtons dans les roues eux-mêmes. A n’avoir jamais baisé, ou alors si ça remonte un peu trop, ils perdent espoir, et se sentent moches. A se sentir moches, ils ne se mettent pas en valeur, perdent confiance en eux, et sont incrédules à un point qui les met dans la merde. Nombreux sont ceux et celles qui ne perçoivent pas que la jolie personne qui fait de l’oeil depuis le début de la soirée à l’autre bout de la pièce a méchamment envie d’eux. Mais non. Les « qui baisent pas » ont peur et se persuadent que c’est pas possible. Il n’est pas concevable pour eux de plaire à quelqu’un. Alors si on leur fait du gringue, si on est poli avec eux, respectueux, mais très clair dans le discours, ils vous riront à la figure, de gêne, ou persuadés que c’est de l’humour de votre part. S’ensuit un cheminement logique qui vient se rajouter à la liste déjà longue des problèmes de ces gens là : Les intéressés par les « qui baisent pas », voyant leurs efforts vains, et de plus en plus conscients du mal être du « qui baisent pas », sentent que s’engager sexuellement avec eux est un risque d’avalanche d’emmerdes amoureuses et relationnelles. Souvent donc, ils mettent les voiles, laissant le « qui baise pas » dans le même état : il n’a pas baisé, et il ne baisera pas de sitôt. Et se dirigent potentiellement vers ceux « qui baisent », eux.

Ce qui est encore plus bête, c’est que le « qui baise pas » ne s’est pas rendu compte qu’il était l’objet de ses convoitises. Ah oui, parce que les « qui baisent pas » ont une chance de cocu, si je puis dire. Ils ont un nombre fou d’intéressés à leurs trousses. Mais comme ils baisent pas -> se sentent moches -> pas confiance -> inspirent pas confiance -> ils restent dans leur petit cercle vicieux.  Seulement, on a beau dire, mais quelqu’un qui baise, est quand même beaucoup plus détendu que quelqu’un qui baise pas. Il va moins facilement prendre la mouche pour des broutilles, faire des caprices, se comporter comme un gosse au milieu de ses amis… Si on dit de quelqu’un d’insupportable qu’il est « mal baisé », je pense qu’il y a matière à réfléchir, après tout.

Je finirai sur une citation : « Tout passe par le sexe, parce que c’est la chose animale qui nous rattache les uns aux autres.  » Monica Bellucci.

Let’s bang !

Faites vous des amis

Récemment, je me suis fait la réflexion… « Suis-je heureux ? ». Eh bien, j’ai galéré à trouver la réponse, parce que j’avais du mal à y croire, mais je crois qu’on y est, on touche le bon bout : oui. Et sans exclamations, s’il vous plaît. Je suis heureux de ma vie, je suis heureux de la tournure des événements, je suis confiant, face à mon avenir, même si j’ai eu quelques déboires.

Je suis heureux de jouer dans un groupe de rock. Mon rêve était de faire du blues, bien sûr, mais je m’amuse tellement et je me sens tellement bien que j’en suis heureux.

Je suis heureux de ma vie amoureuse et sexuelle. Je ne suis pas en couple, et j’en veux pas, non merci. J’ai plusieurs amantes, et personne ne sait qui elles sont. Je vois venir mes détracteurs et détractrices sur ce sujet : « C’est parce que tu as honte ». Eh bien non.

Voyez-vous, j’ai compris un truc, il y a quelques mois : vivons heureux, vivons cachés. Pas par pudeur, ou par honte, mais parce que c’est pratique, c’est « convénient ». Personne ne sait, donc personne n’en parle. Personne n’a de ragot avéré à mon sujet, juste des rumeurs. Mais des rumeurs qui n’ont pas de vérifications, c’est pas intéressant, alors, les rumeurs me concernant relèvent plus du fantastique ou de la science-fiction, pour mon plus grand divertissement.

J’ai compris que si je voulais vivre avec plusieurs amantes (entre deux et cinq, sinon, c’est pas vivable), il fallait qu’elles aussi aient plusieurs amants. Sinon, c’est un coup à devenir fou, et jaloux. Bon, j’en ai bien connues quelques-unes qui me voulaient à elles toutes seules, mais souvent, c’était à cause de principes à la con-voitise et à l’in-con-gruence. A n’avoir que moi dans la liste de personnes à qui offrir son corps nu (comme la grosse Margot, mais nous y reviendrons plus tard), c’est un coup à devenir maboul, et à mal digérer que d’autres femmes m’accompagnent dans la moiteur des draps.

Je vous rassure, ça m’est arrivé, aussi, de ressentir ça. Parce que j’étais dans cette situation. C’est ça qui m’a fait comprendre que c’était pas cool, en effet, de n’avoir qu’une seule personne à étreindre, quand l’autre « nique tout Toulouse ».

Mais il y a aussi les autres, ceux qui veulent que tu vives un bon petit roman à l’eau de rose.

Non.

Là, je pousse un peu.

Plus sérieusement, il y a ceux qui veulent que tu sois heureux, i.e. que tu sois en couple. Stable. Installé. Heureux. La barrière en bois blanc (non, je suis con).

Ces gens là, y’en a deux sortes : ceux avec qui tu couches, qui te veulent pour eux seuls, et ceux qui sont en couple, ou qui aspireraient à l’être.

Tous ont une vision du bonheur, avec des œillères. Il n’est pas concevable pour eux d’être heureux avec un mode de vie différent du leur ou de ce qu’ils envisagent. Certains d’entre eux enchaînent les histoires foireuses avec beaucoup de rancœur à la clé, en espérant arriver à leurs fins.

Et cette fin, c’est de finir en couple, posé, avec LA personne qui t’aura fait changer d’avis. Mieux, même, qui t’aura fait changer. Tout court.

Parce qu’après tout, quand on se met en couple, on espère changer l’autre. J’avais lu à une époque « les femmes attendent des hommes qu’ils changent en quelqu’un de mieux que ceux qu’elles ont rencontré et sont tombées amoureuses, les hommes attendent des femmes qu’elles ne changent pas ».

Bon, après analyse autour de moi, je me rends compte que tout le monde veut faire changer l’autre.

J’ai trouvé la solution. La mienne. Celle qui ME va.

Ne pas faire changer l’autre, et l’aimer pour ce qu’il est. Même si y’a des trucs chiants. Je retiens les paroles d’Aspho : on apprécie quelqu’un pour ses qualités, on l’aime pour ses défauts. Je suis pas complètement d’accord, mais c’est plutôt ça, en effet. On prend quelqu’un complètement, et pas seulement par les hanches. Arf.

Mais revenons à un autre sujet, le bonheur.

J’ai remarqué que les autres, ceux qui m’entourent (enfin pas tous, hein), sont mieux à même de savoir ce qui est bon pour moi, comme mode de vie, comme vie sexuelle, comme vie amoureuse. Parce qu’ils en ont le sentiment. Ils pensent avoir raison. Bien sûr, ils insistent sur le fait que c’est SEULEMENT LEUR point de vue. Mais quand même, quelque part, ils se persuadent d’avoir raison. Un exemple datant d’aujourd’hui : « Je dis simplement les choses telles qu’elles me semblent être » (Auteur censuré pour des raisons loufoques).

Et dans ce cas, j’aimerais dire que c’est vrai. Mais comme tous les autres, cet auteur est persuadé qu’il a raison, et que c’est la seule façon de penser. Bien sûr, il écoutera votre façon de voir les choses, mais n’en démordra pas, et restera convaincu que vous ne serez jamais heureux comme vous l’êtes, même si vous l’êtes. Hé oui, mon vieux, mais après tout les gens savent mieux que toi ce qui est bon pour toi.

C’est d’ailleurs un comportement qui se retrouve dans la pub, dans le marketing. Des shampoings sans ammoniaque, c’est mieux ! Mais on blinde d’autres produits pire que tout. La télé écran géant, c’est mieux que ce que t’as, de toutes façons, ce que t’as, c’est naze, tu ne peux pas être heureux comme ça, ARRETE TU MENS ! C’est pas possible d’être heureux sans home cinema.

Bien sûr, on peut décliner ça à n’importe quel produit.

C’est malheureusement un comportement qui ne s’applique pas qu’au cul et au bonheur. On m’a souvent pris la tête (depuis 10 ans, quand même) sur le fait que je jouais de la basse au médiator, chose qui ne se faisait pas, apparemment (mais alors, pourquoi on vend, aussi, des médiators pour basse ?). On me disait que ma guitare jazz ne devait pas faire autre chose que du blues et du jazz, et pas servir à faire du metal, comme j’aimais le faire, et parce que le son était cool. Demandons à ceux qui m’écoutent jouer, et qui n’y connaissent rien : ils aiment bien, et pas seulement parce que c’est moi que je fais la musique.

Mais alors, je ne dois jamais écouter personne ?

Eh bien si, mais j’écoute seulement ceux qui sont des spécialistes. Je vais écouter mon médecin, pour ma santé. Je vais écouter mon garagiste, pour ma voiture. Je vais écouter les profs que j’ai pu avoir pour la guitare (qui approuvaient mes façons de faire, l’essentiel étant d’avoir un bon son et des mains en bon état, au final). Mais je ne crois pas qu’il y ait un expert/docteur/diplômé en bonheur. Donc je ne vous écoute pas.

J’ai pu observer qu’on me faisait souvent offense de mon refus d’écouter, parce que je suis apparemment quelqu’un qui aime bien la contradiction. En fait, je pense qu’il serait plus approprié actuellement de dire que je n’écoute pas ce qui n’est pas moi. Qui mieux que soi-même, en effet, pour savoir ce dont j’ai besoin, et envie ? Mes amis bienveillants, et inquiets pour moi ? Je vous remercie de votre attention et de vos inquiétudes (si. Je suis sérieux), ça me fait chaud au cœur, mais vous-mêmes, n’en faites-vous pas à votre tête quand on n’est pas d’accord avec votre façon de penser ?

Mon argentin favori est un ami, un très bon ami. Nous avons les mêmes goûts sur pas mal de choses. Nous avons l’esprit tordu, tous les deux. Nous ne vivons absolument pas de la même manière. On s’aime. Mais des fois, j’ai pu remarquer que nous avions des désaccords. Lui a sa vision des choses (biaisée). Moi j’ai ma vision des choses, aussi (eésiaib). Nous n’en démordons pas, nous comprenons ce que l’autre pense, mais nous ne changeons pas d’avis pour autant. Et ça me va. Je pense qu’à lui aussi. J’espère.

Aussi, je ne sais pas tout. Je demande donc, des fois, autour de moi, histoire de me faire une idée, un avis. Le piège dans lequel tombent la plupart de mes interlocuteurs est de me donner une idée, une vision, pour que je m’y colle, et que je les rejoigne. Quelle déconvenue quand ils voient que je ne suis pas à 100 % transformé à leur point de vue ! Mais ça se comprend. C’est comme quand on a un client qui vient vous voir, perdu, en voulant qu’on le conseille. Vous voudriez qu’il achète un produit en particulier. Mais le client va partir peut être avec autre chose. Résultat : vous avez les glandes, parce qu’il ne vous a pas suivi à fond pour le produit en question.

Mais réfléchissons. Le client a bien acheté quelque chose, non ? Et il est venu vous demander conseil, non ?

Conseil. Con-seil. Pas que vous fassiez ses courses à sa place. Un conseil est un aiguillage, une direction donnée. Libre à lui de ne pas la suivre, non ?

Alors pourquoi l’avis des amis, on peut en tenir compte, mais on n’a pas le droit de ne pas le suivre ? Parce que ça fait mal à l’ego, c’est tout. On se complaît à dire aux autres ce qu’ils doivent ou devraient faire, mais c’est pour qu’on construise un monde tel qu’on voudrait le voir. J’ai compris très tard que je ne pourrai rien changer autour de moi, mais juste faire germer une idée. Au final, c’est moi qui m’adapte, parce que une personne qui s’adapte, c’est moins chiant et laborieux que de faire s’adapter le monde entier.

Tiens, en parlant de chiant, parlons de la prise de tête. Le sport national. Le numbair ouane de l’activité de couple et d’amis.

Les gens qui demandent en permanence pourquoi leur amoureux(se) est encore avec eux (parce que si ça ne leur convenait pas, il ne resteraient pas?)

Ceux qui se demandent si l’autre les trouve toujours beau et baisable (ça bande encore ? Ça mouille encore ? Pourquoi tu te poses la question, alors?).

Ceux qui stressent parce qu’ils font une soirée, ils ne savent pas si y’aura assez à boire, et se demandent s’ils vont pas acheter plus, en fait (ça dépend, tu tiens à payer des coups à tout le monde ? Si oui, y’a pas de problème, alors. Sinon, ils vont ptêtre amener à boire, ou bien, on boira moins, ou alors ils partiront plus tôt, mais ce sera pas une grosse perte, dans ce cas).

Les exemples sont pléthore.

J’ai pris un gros virage dans ma vie : Ne plus me prendre la tête pour des trucs qui ne le méritent pas. Non, en fait, ne plus me prendre la tête. Tout court. Traîner avec des gens sains, qui ne se prennent pas non plus la tête. Attention ! Ça ne veut pas dire « Ne rien branler ». Exemple pratique : on fait la bouffe entre potes. On vient demander si y’a besoin d’aide. Si y’a pas besoin d’aide, on demande ce qu’on peut faire en attendant. Si on me dit « rien, va t’asseoir », j’ai aucun scrupule à m’asseoir, je fais ce qu’on m’a dit.

On dit du mal de moi ? Très bien. Grand bien leur fasse. Mais je me répète. Qu’ils aillent cracher le venin, ça ne me regarde pas, et ces gens-là n’ont rien à m’apporter. Et si certains écoutent, et y croient, ils ne m’intéressent pas non plus. Mes amis se sont fait leur opinion sur moi, seuls. Certains ne me supportaient pas, il y a plusieurs années, et maintenant m’apprécient, et des fois, me prennent dans leurs bras, en me disant qu’ils sont heureux d’évoluer avec moi, entre autres. Certains disent que j’ai grandi. J’aimerais bien, je galèrerais moins pour attraper mes saladiers dans l’étagère. Bref, on dit que j’ai mûri.

Ça expliquerait pourquoi j’ai la peau de la bite qui a plus de plis qu’avant.

Mais on s’égare. Décidément !

Qu’on soit fixés (avant que je ne m’interrompe moi-même) : je voulais écrire cet article depuis plusieurs semaines, même depuis plusieurs mois. Récemment, j’ai pu me rendre compte qu’on pouvait utiliser sa plume à mon égard. Ça m’a fait plaisir, d’un point de vue littéraire, mais ça m’a tellement déçu, tant le discours était empreint de fautes. De jugement, s’entend.

Mais de toutes façons, je sais que ce que j’ai couché ici sur le pixel n’est pas voué à être écouté, et encore moins (Chtulhu nous en préserve) à faire changer d’avis, me concernant. C’est plus un nota bene à l’égard de tous ceux qui pensent détenir la vérité. Qui pensent que j’ai besoin d’aide. Que je suis mal dans ma peau, que je refuse l’aide qu’on me propose, que je mords la main qui me nourrit. Que je montre mon cul à ceux qui m’offrent leur cœur.

D’ailleurs, j’ai beaucoup aimé le dernier pavé dirigé, écrit par quelqu’un qui a un très bon français, une belle syntaxe, mais malheureusement, une mauvaise interprétation. Je ne serai pas salaud, et je ne dirai pas son nom, je pense qu’il veut rester peinard, n’ayant pas pris le soin de dire qui il était. Mais WordPress et Facebook sont de bons délateurs, désolé, mon gars (même si tu t’es dénoncé comme un grand).

Je pense qu’il est temps de faire un beau commentaire de texte, en ne respectant pas du tout les directives du baccalauréat, parce que c’est comme le code de la route, si je dois refaire un exercice de français ou de philo, je me planterais méchamment.

Petit rappel des faits :

Anonyme 30 juin 2012 à 1:13

Palingénésie

Je, François Villon, Hadrien S.

Je suis un homme en pleine possession de ma force. Je suis jeune, intelligent : tous les espoirs me sont permis et je compte bien tous les décevoir. Je n’ai pas eu un vécu facile. J’ai perdu ma mère au berceau de l’enfance. Et toute ma vie durant, je la rechercherai. Dans les femmes, dans mes pas maladroits, dans ma vie en parchemin.

Je, François Villon, Hadrien S.

Je suis fou, je suis sage, je n’ai peur de rien et le tout m’écrase. J’échappe à la vie pour oublier que la vie échappe. Vous me sermonnez, vous me critiquez, vous fulminez. Vous savez que je pourrais devenir un homme honnête et droit, faire ces choix là. La beauté et la lumière. Mais cela n’a pas de sens. La vie est violence, la vie m’insupporte et votre soleil m’aveugle : je n’y vois bien que dans l’obscurité.

Je, François Villon, Hadrien S.

Je tente de marcher droit et me retrouve au sol. Je m’enivre de rires, de boissons et de sexe. L’ivresse est là, l’ivresse me consume : l’ivresse est moi, je suis l’ivresse. Je m’étourdis dans les chairs et les odeurs des corps et je bois la sueur libidineuse et indolente sur le dos d’une amante au désir assouvi. Seulement, quand je suis perdu au cœur de ma nuit et quand il fait trop noir, j’enfouis mes questions, mes angoisses et mes doutes au cul de la grosse Margot. Car à chaque fois que l’on me tend la main, je trébuche et vacille : je n’y vois bien que dans l’obscurité.

Je, François Villon, Hadrien S.

Que ceux qui me méprisent s’adressent à mon cul et que ceux qui m’apprécient ne s’approchent de trop près. Je suis celui qui est et a toujours été. Je suis un ange déguisé en démon, un être déchu du bon vouloir de Dieu. Je suis cet homme en quête de sens et qui n’en trouve aucun. Sourd à vos recommandations, aveugle à vos prières, il est inutile de vouloir m’aider : je n’y vois bien que dans l’obscurité.

Bon, hormis les fautes, ici corrigées, à « m’enivre » et « consume », c’est bien écrit.

Mais, au fait. Allons au fait.

« Palingénésie »

Bien, à ce que j’ai compris, il s’agirait d’une renaissance. J’ai lu l’article Wikipedia, donc ça doit forcément être vrai.

Il est ensuite question de François Villon. Un poète du Moyen âge, ayant eu pour œuvres majeures Le Lais, Le Testament, et la Ballade des Pendus. C’était manifestement un type indiscipliné, ayant tué un prêtre lors d’une rixe, et qui a passé pas mal de temps à être banni, même si relaxé le plus souvent. Ce fut un misérable, ayant échoué à accéder à la cour de Charles d’Orléans, et fit un séjour en prison. Oui bon, en bref, c’était un petit con. Je comprends la comparaison, bien que je la trouve quelque peu à côté. En effet, j’aime penser que ça a un rapport avec La Mascarade, étant donné que je me reconnais dans le clan des Brujah (ET JE T’EMMERDE, NICO, JE SUIS BRUJAH, NA ! ET KULA WORLD C’EST UN JEU DE MERDE !). Mais l’auteur de ce petit texte rythmé par ce « Je, François Villon, Hadrien S. » ne joue pas à Vampire, donc c’est pas drôle.

Il est écrit que je compte bien décevoir tous les espoirs qui me sont permis. Si tout ceci a un rapport avec mon ascension sociale, je ne me sens pas concerné. En effet, j’ai dû refaire plusieurs fois mon parcours studieux, et actuellement, malgré le fait que j’étais promis à une entreprise, le destin m’a craché à la tronche. Je ne perds pas espoir, quitte à devoir refaire un tour de roue à chercher un taf pour l’année à venir et refaire la même chose que l’an passé. J’ai pas peur, ça me gonfle un peu quand même de ne pas accéder aux études que je veux actuellement faire, mais bon, j’avais pas de chance sur ce coup.

« Je n’ai pas eu un vécu facile. J’ai perdu ma mère au berceau de l’enfance. Et toute ma vie durant, je la rechercherai. Dans les femmes, dans mes pas maladroits, dans ma vie en parchemin. »

En effet, j’en ai chié sur certains points, mais j’ai eu une enfance heureuse et riche en émotions et en découvertes. En revanche, je tiens à dire que j’ai perdu ma mère au berceau de l’adolescence, quelqu’un ayant pris son rôle très rapidement. Et ce, avec beaucoup d’engagement, ce qui fait que je n’ai jamais ressenti de manque affectif à ce niveau. J’ai longtemps cru que si, et à force de l’entendre dire alentours, je m’en suis persuadé. Je ne cherche pas(plus) ma mère, du moins pas plus que les hommes cherchent une mère et les femmes cherchent un père. Si déjà elle suce, c’est pas mal. Pour ce qui est de mes pas, je marche droit, en me tenant bien, parce que j’ai pris du muscle, et je sais où je vais. Ensuite, entre nous, je trouve que le parchemin, c’est joli.

« Je suis fou, je suis sage, je n’ai peur de rien et le tout m’écrase. J’échappe à la vie pour oublier que la vie échappe. Vous me sermonnez, vous me critiquez, vous fulminez. »

Effectivement, la vie nous échappe à tous, mais ça, je l’ai bien en tête. Pour ce qui est de la critique qu’on me fait, ma réaction est sans prise de tête : un beau doigt d’honneur sur chaque main, et un sourire bienveillant sur mes joues, plissant mes yeux légèrement.

« Vous savez que je pourrais devenir un homme honnête et droit, faire ces choix là. »

A ce qui me semble, je suis honnête et droit. Ma mauvaise foi touche des sujets artistiques ou vidéoludiques, mais c’est pour le troll, ça.

« La beauté et la lumière. Mais cela n’a pas de sens. La vie est violence, la vie m’insupporte et votre soleil m’aveugle : je n’y vois bien que dans l’obscurité ».

La vie est violence, bien sûr, nous ne sommes pas à Disneyland, mais la vie est belle, et des fois la violence est belle (je vous invite à regarder FF Advent Children Complete, vous comprendrez). J’y vois bien dans l’obscurité, au sens propre, parce que mes yeux ont mangé beaucoup trop de soleil, quand j’étais gamin, et actuellement mangent trop de PC. Sur le plan de la métaphore, je me fonds bien dans la violence de la vie qui m’entoure, et la preuve, je n’ai plus de soucis. Je n’ai plus peur de me déplacer dans Toulouse la nuit, même si je suis habillé en drag queen. Je suis bien dans mes pompes et confiant. Ca explique pourquoi on me laisse passer, maintenant, sans me chercher la merde, malgré mon mètre soixante dix.

« Je tente de marcher droit et me retrouve au sol. Je m’enivre de rires, de boissons et de sexe. L’ivresse est là, l’ivresse me consume : l’ivresse est moi, je suis l’ivresse. Je m’étourdis dans les chairs et les odeurs des corps et je bois la sueur libidineuse et indolente sur le dos d’une amante au désir assouvi. »

Là, j’avoue, je comprends pas, je suis capable de marcher droit, au propre et au figuré, et je le fais. Oui, j’aime boire, avec mes amis, j’aime le sexe, les corps nus, sentir la cyprine et le foutre parce qu’avec quelqu’un nous avons baisé à nous en faire péter les artères. Des fois, c’est violent, des fois non. Certaines m’aiment doux. Certaines m’aiment dur (et pas que de la bite). Certaines veulent ou aiment que je les morde, que je les attache, que je les gifle, les fesse, les serre, les tienne par les cheveux, les traite de tous les noms. Et d’autres me veulent tendre. Et j’aime ça aussi.

« Seulement, quand je suis perdu au cœur de ma nuit et quand il fait trop noir, j’enfouis mes questions, mes angoisses et mes doutes au cul de la grosse Margot. Car à chaque fois que l’on me tend la main, je trébuche et vacille : je n’y vois bien que dans l’obscurité ».

Et c’est là qu’on se trompe. J’aime baiser, point. C’est pas une façon pour moi de me voiler la face. Mon père pensait ça, et je l’ai cru. Mes amis pensaient ça, et je les ai cru. Mais plus maintenant. J’ai compris que ça m’allait de vivre comme ça. De consommer beaucoup de sexe. Je suis d’ailleurs rayonnant.

Ensuite, cher auteur, je trouve pas ça gentil pour la « grosse Margot ». Je ne sais pas qui est visé par ce sobriquet ridicule, mais c’est quand même de très mauvais goût. Ensuite, si on me tend la main, je la prends si elle peut m’amener à quelque chose qui m’intéresse. Des fois, on pense que j’ai besoin d’aide. J’ai besoin qu’on arrête de penser qu’on peut m’aider, parce que je vais bien, et que je me gère comme un grand garçon. Si, si, je te jure. Je ne mords pas la main qui me nourrit, j’ai juste déjà mangé, alors, je la lèche un coup, histoire de faire comprendre que j’apprécie vraiment l’intérêt qu’on me porte, mais que je me porte bien.

« Que ceux qui me méprisent s’adressent à mon cul et que ceux qui m’apprécient ne s’approchent de trop près. »

Effectivement, j’emmerde ceux qui m’emmerdent. Quoi de plus naturel, je ne vais pas me forcer, non plus. Quant à ceux qui m’apprécient, ils peuvent m’approcher. La preuve, on m’a approché, et j’ai mordu personne. J’ai même des amis. Et même qui ne me prennent pas la tête. Comme quoi…

« Je suis celui qui est et a toujours été. Je suis un ange déguisé en démon, un être déchu du bon vouloir de Dieu. Je suis cet homme en quête de sens et qui n’en trouve aucun. Sourd à vos recommandations, aveugle à vos prières, il est inutile de vouloir m’aider : je n’y vois bien que dans l’obscurité. »

Rhââââ oui, tremblez, mortels ! Je viens jusque dans vos bras égorger vos fils, vos compagnies d’assurance. Mais on arrive enfin à un sujet : il est inutile de vouloir m’aider, quand je vais bien. Louis XIV disait lui-même : le mieux est l’ennemi du bien.

Alors oui, je vous vois venir, bande de petits surfeurs du web de l’internet, vous vous direz « mouais, il est bien gentil, mais justement, en écrivant ceci, il montre clairement qu’il a besoin d’aide/qu’il est pas heureux/que sa vie ne lui convient pas…..(rajoutez la mention qui vous plaira) ».

Je trouve ça dommage, mais encore une fois, je ne compte pas vous faire changer. C’est pas grave. Aussi, vos recommandations et avis à venir, vous vous doutez que je vais pas forcément les écouter. Et vous vous complairez de dire que c’est par orgueil, et pas par honnêteté. D’un côté, c’est plus facile à avaler que d’admettre que vous avez tort, malgré vos bons sentiments.

Buvez un grand verre d’eau, maintenant, l’article a été long.

Laissez-moi lui mettre une claque dans la gueule

Je sais, les enfants sont innocents, les enfants apprennent, les enfants découvrent… En attendant, c’est dingue ce qu’ils peuvent être chiants !
Je viens de prendre le métro et rien que là, j’ai eu des envies de meurtres. D’abord la vieille qui laissait son coude sur mon dossier de strapontin, à qui j’ai rêvé un instant de lui briser l’épaule. Mais juste après ont suivi les jeunes mamans de 25 ans et leurs gosses de 6 ans, bousculant tout le monde à grands coups de « Pardooooon, pardoooooon ! » faussement voulus juste pour se coller devant les vitres (ceci, dans les rames où pour être près de la vitre, il faut être assis, en fait). Avec sa frangine, ils gueulent, et malgré les histoires amusantes de la IIIe légion (excellente saga en mp3, d’ailleurs) qui me divertissent les oreilles via un casque coupant du monde, je les entends très bien, et je fixe intensément les tunnels, pour éviter de me lever et de gueuler sur la mère qui n’en a strictement rien à foutre de ses chiards. D’ailleurs, je lui donne à peine 25 ans, à la nana. Sûrement une erreur de jeunesse, mais mal assumée, pour le coup. Bien, bien. Je tiens le coup.

C’est ma station. Je sors, devancé par un jeune ado et son pote, en train d’ostensiblement jouer à la PeuSeuPeu devant tout le monde. Il la garde devant lui, à portée de choure, même dans l’escalator. Je passe à côté de lui en lui tapotant sur l’épaule. Il me regarde. Moi pas, je regarde devant moi. « Range-la ». Il s’exécute immédiatement, comprenant que c’est un conseil qu’il vaut VITE suivre, en sortant de rame.

J’arrive enfin chez l’ophtalmo. Heureusement pour mon ulcère virtuel, et hypothétique, j’ai pas pris rendez-vous neuf mois auparavant. Je déboule donc dans un cabinet, et par politesse, je range mon bordel à musique, le lecteur dans le sac, et le casque pliable (plié, donc), dans son étui. Je savais pas que c’était un cabinet de 3 ophtalmos, avec 5 secrétaires, et une salle d’attente grande, et remplie de gens. Des vieux, des chiards avec leurs parents, et des couples avoisinant les 50 ans bien ménopausés. La super fête du slip. Je suis le seul « jeune », dans la salle, et je regrette très vite d’avoir enlevé mon caisson d’isolation sensoriel portatif. En même temps, si je veux entendre, quand on m’appelle, et ne pas perdre des précieux instants de malaises à ranger mes câbles, j’ai pas le choix. Déjà, je suis agacé par les deux quinquas à ma gauche qui ne font que maugréer parce qu’on passe tout le temps avant eux, selon leurs dires. Ne pas comprendre qu’à 3 docteurs différents, ordre de consultation différent, c’est indigne. Même pour un CM1. Alors, un peu de tenue, bordel !

A côté d’eux, ou plutôt devant, et par terre… bref, au milieu de la salle d’attente, une maman et sa gamine de 2 ans. La gamine passe son temps à jouer avec des jouets pour enfants en bas âge (comprenez que si elle arrive à avaler les pièces, elle a une grande carrière dans le porno à gorges profondes qui l’attend dans 16 ans)… Devant une maman qui dit quand elle tape avec sur un parquet qui résonne dans une salle faisant 4 mètres de haut « non, arrête, c’est pas bien », avec la même ferveur que Vincent Delerm (chais pas comment ça s’écrit) qui aurait pris de la kétamine et du myolastan par paquet de douze. Dans la salle d’attente, tout le monde, je dis bien TOUT LE MONDE, a les yeux fixés sur cette gamine, bruyante, et contente de son public. Ça la motive, elle se sent comme si elle faisait un Bercy (je sais de quoi que je cause, quand même, je suis bassiste, hé), alors elle donne ce que le public attend d’elle : ENCORE PLUS DE BRUIIIIIIIT !!!!! Les minutes sont longues. LONGUES. Arrive alors un nouveau challenger : il s’appelle Mathias, je vous jure, je l’invente pas. Il a 4 ans, et il est motivé, lui aussi. Il pousse fièrement la poussette bruyante à la place de sa mère qui lui dit d’un ton pas très assuré qu’il doit rester près d’elle.

Au final, j’ai pas attendu trop longtemps. La visite s’est faite vite, le toubib a regardé mes yeux, j’ai une bonne tension, et 10 à chaque oeil, ce qui est amusant, quand on connaît ma consommation d’écrans et de lumières artificielles. Merci, au revoir, et 45 €, pas encore remboursés à cause de démêlés de sécu. TOUT ÇA POUR ÇA ?

ENCULÉ !

Plus sérieusement, j’ai toujours eu un problème avec les parents laxistes comme pas permis. Les voir, ça me déclenche direct une envie de torsion cervicale devant leurs enfants, leur mettre la tronche sur leur progéniture, et leur dire en hurlant comme un zombie déchaîné : »Tu vois ce que tu fais, connasse ? C’est ça que tu vas nous laisser comme descendance ? Un connard mal élevé parce que t’as trop été occupée à lire tes textos et à faire la maman qui a déjà beaucoup de boulot-tu-comprends ? Mais c’est ta faute, ta responsabilité ! Tu as voulu ou non un enfant, tu le gères, tu l’élèves, et si tu as le temps, tu l’aimes. Mais fais en quelqu’un de correct, avant ! ». Dites vous bien que ces enfants-là, ils vont être nos futurs toubibs, serveurs, vendeurs, collaborateurs, etc… J’ai pas envie que la relève soit une bande de connards mal élevés, parce que les parents les ont nourri à la ps3, pour être peinard en regardant Desperate housemilfs sur le canapé, en 3d, sur écran géant, dolbysurroundstéréolaserquadriphasé, le tout à crédit. Je veux pouvoir compter sur la politesse des mecs avec qui je vais bosser. Je fais déjà partie de la génération Kevin, j’ai pas envie que la génération Matisse et Léa rajoute une couche à la misère sociale environnante, gavée de téléréalité navrante.

Au final, je suis rentré, via le métro jusqu’à ma voiture, en filant droit devant les débiles à scooters, les ignorant comme la peste, la haine de la race humaine figée sur mon visage, en mode « me casse pas les couilles, sinon, je t’arrache la carotide avec mes dents avant que tu n’aies le temps de me demander une clope », de la musique bourrine sur les oreilles. Une fois dans la voiture, j’ai pu me décrisper.

Bonus : voilà ce qui m’a beaucoup inspiré, et j’en ai rien à foutre que plein de gens lui vomissent dessus :